Régimes spéciaux: veillée d'armes AP | 11.11.2007 | 16:55

Publié le par A fond de train

Le mouvement du 18 octobre n'aura été qu'un simple avertissement. Les principaux syndicats entament cette semaine une épreuve de force avec le gouvernement sur les modalités de réforme des régimes spéciaux en se lançant à partir de mardi soir dans une grève reconductible à la SNCF, à la RATP, ou encore dans le secteur de l'énergie.

Les directions de la SNCF et de la RATP diffuseront à partir de lundi des prévisions de trafic. Mais le mouvement promet d'être fortement suivi et laisse planer la menace d'une paralysie digne de la fin 1995, alors que chacun campe sur ses positions.

"Nous avons présenté un projet raisonnable. Nous avons été le plus loin possible dans les discussions avec les salariés. Ils savent que le statu quo n'est plus possible", a déclaré le Premier ministre François Fillon au "Journal du Dimanche".

Refusant de faire un "pronostic sur la durée de la grève", il a expliqué compter sur "la responsabilité de tous". "Il n'y a pas d'autres solutions pour sauver les retraites que la réforme", a-t-il ajouté avant de lancer: "quand on fait son devoir, on n'a pas peur".

Samedi, le ministre du Travail Xavier Bertrand a adressé une fin de non-recevoir à la demande formulée la veille par le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, qui souhaite que la réforme fasse l'objet d'une réunion tripartite entre l'Etat, les directions des entreprises concernées et les partenaires sociaux. Dans le JDD, Bernard Thibault a dit avoir "maintenant la conviction que le gouvernement veut le conflit pour l'exemple".

De son côté, la direction de la SNCF tente de rétablir le dialogue avec les syndicats afin de limiter l'impact d'un mouvement qui parait inévitable. La direction a ainsi trouvé vendredi soir un accord salarial avec la Fédération général autonome des agents de conduite (FGAAC), seul syndicat à ne pas appeler à la grève.

Réagissant à cette annonce, le président de la CGC Bernard Van Craeynest a expliqué que "face à des propositions concrètes de cette nature", son syndicat pourrait renoncer à la grève. Mais si la CGC fait effectivement partie des sept fédérations de cheminots ayant appelé à cesser le travail de manière reconductible, elle est toutefois extrêmement minoritaire à la SNCF, avec environ 1% des voix aux dernières élections professionnelles dans l'entreprise.

"Pas question pour nous d'entamer des négociations en entreprise, qui pour l'heure seraient prématurées sur le dossier des retraites, avant d'avoir obtenu l'ouverture des négociations que nous réclamons depuis le début avec le gouvernement", a déclaré de son côté le secrétaire fédéral chargé des Transports à la CFTC Bernard Aubin, dimanche à l'Associated Press (AP). Et pour lui, en ce qui concerne la grève prévue à partir de mardi soir "le point de non retour est atteint".

Même son de cloche du côté de la CFDT, où le secrétaire général de la fédération des cheminots Arnaud Morvan estime qu'une discussion sur les retraites dans l'entreprise "ne peut avoir lieu tant que le gouvernement ne revoit pas son projet. On ne pose pas le papier peint avant d'avoir monté le mur", a-t-il dit à l'AP.

Dans un communiqué, la fédération SUD-Rail, pour sa part, "ne demande pas au gouvernement de changer le cadre de sa réforme, mais soutient toutes celles et tous ceux qui luttent pour l'obliger à y renoncer, afin que s'ouvrent des négociations sur l'amélioration du régime de retraite de tous les salariés de ce pays, avec notamment le retour à 37,5 annuités pour tous".

Outre les transports, le mouvement touchera aussi le secteur du spectacle, avec notamment une grève à l'Opéra de Paris, ou encore celui de l'énergie. Les principaux syndicats d'EDF et de GDF appellent en effet eux aussi à cesser le travail à partir de mercredi et laissent planer la menace de coupures de courant "ciblées".

Et le risque d'une grève dure et longue sur la question des retraites pourrait virer au scénario catastrophe pour le gouvernement si d'autres secteurs où la situation est tendue venait à entrer également en conflit ouvert. Le mouvement des étudiants, jusqu'à présent cantonné depuis le début du mois aux campus universitaires où l'extrême gauche est fortement représentée, pourrait en effet s'étendre cette semaine, avec des assemblées générales prévues dans une cinquantaine de facultés, selon l'UNEF.

Le principal syndicat d'étudiants et les organisations de lycéens appellent d'ailleurs à la grève le 20 novembre aux côtés des fédérations de fonctionnaires mobilisées ce jour-là pour les salaires, et contre les suppressions de postes et la réforme de la Fonction publique annoncée par Nicolas Sarkozy. AP

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