Des étudiants veulent bloquer les gares mardi Reuters 11.11.07 | 19h48

Publié le par A fond de train

RENNES (Reuters) - La coordination nationale étudiante a adopté dimanche une plate-forme de revendications et appelé au blocage des gares françaises le 13 novembre, juste avant le début de la grève des cheminots.

 

Dans un texte voté par les délégués d'une quarantaine d'universités réunis à Rennes, elle invite également les étudiants à manifester aux côtés des agents de la SNCF le 14 novembre et des fonctionnaires le 20 novembre.

"L'abrogation inconditionnelle de la loi Pécresse" sur l'autonomie des universités demeure la principale revendication des étudiants qui souhaitent se joindre aux autres mouvements sociaux pour "faire face au rouleau compresseur du gouvernement".

La contestation contre la loi Pécresse croît depuis une semaine sur les campus universitaires mais le gouvernement et des étudiants anti-blocage dénoncent l'action d'une minorité liée, selon eux, à l'extrême gauche.

Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, a vu dimanche un désir de revanche politique dans l'appel de la coordination nationale étudiante.

"Vouloir bloquer les transports, ça n'a pas grand chose à voir avec l'université. Donc là, on est bien dans une sorte de revanche politique", a-t-il dit au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Quand de jeunes étudiants (...) refusent qu'on vote sur le principe de la réforme, refusent même le vote à bulletins secrets et en même temps vont déclarer qu'on va bloquer des voies ferrées, empêcher des trains de circuler, on n'est pas du tout dans une revendication sociale", a-t-il ajouté.

Des accusations récusées par la coordination étudiante, pour qui la loi Pécresse favorise "la privatisation des universités" et "l'augmentation du poids des entreprises" dans des établissements qui seront gérés par "un président tout puissant avec moins de contrôle démocratique".

DES ETUDIANTS "SOLIDAIRES"

Outre l'abrogation de la loi, "une nécessité non négociable" a dit un porte-parole, les étudiants réclament l'augmentation des budgets de l'enseignement supérieur, la "suppression des frais d'inscription" et le rétablissement des "20.000 postes supprimés" dans l'enseignement.

"La réponse de la ministre Valérie Pécresse qui promet cinq milliards d'euros supplémentaires pour l'enseignement supérieur alors qu'il ne s'agit que de crédits qui sont redistribués est à côté de la plaque", a estimé Kamel Tafer, l'un des huit porte-parole désignés par la coordination.

Les étudiants se sont également déclarés "solidaires" des différents mouvements sociaux en se prononçant contre l'abrogation des régimes spéciaux, contre le projet de "franchise médicale" mais aussi pour "la fermeture des centres de rétention et la fin des rafles" de sans-papiers.

"Nous devons lutter ensemble pour faire face au rouleau compresseur du gouvernement" et pour s'opposer à "la casse du service public en général", ont-ils expliqué.

La coordination nationale a également demandé "d'empêcher les votes à bulletins secrets" sur les campus, jugeant que "seules les assemblées générales sont légitimes".

Après deux jours de débats qui ont rassemblé sur le campus de Rennes 2 une centaine de délégués venus de toute la France, dans une ambiance parfois hostile aux médias, la coordination s'est déclarée satisfaite de la mobilisation.

Selon elle, 15 établissements sont actuellement bloqués, auxquelles s'ajoutent "25 universités mobilisées". Et d'autres devraient se prononcer lundi.

"Nous décrire comme un mouvement minoritaire alors que nous sommes plusieurs milliers d'étudiants dans les AG est une caricature et une manière de ne pas répondre à nos revendications", a assuré Kamel Tafer.

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