« Mieux vaut repousser son week-end » 20 minutes 13/11/2007

Publié le par A fond de train

Guillaume Pépy
Directeur général de la SNCF.
 
La grève pourrait durer plusieurs jours. Que conseillezvous aux usagers ?
 
Aux usagers de transports de proximité, nous conseillons de limiter leurs déplacements qui ne sont pas indispensables. A ceux des grandes lignes, nous disons que le trafic du week-end ne sera pas normal. Mieux vaut donc repousser son week-end. Pour ceux qui doivent rentrer chez eux, il faudra compter avec un train sur deux.
 
Vous tablez donc sur une grève appelée à durer...
 
Une grève reconductible est incompréhensible. C’est une entrée dans l’aventure et dans l’inconnue.
 
Vendredi, vous sembliez garder espoir d’éviter le conflit. Cet espoir s’est envolé ?
 
Aucune des sept organisations syndicales représentant les cheminots n’a pour l’heure levé son préavis. Mais je souhaite qu’elles réfléchissent en profondeur aux quatorze propositions que nous leur avons faites vendredi. Et qu’elles en discutent avec nous sans attendre, pour que la grève, si elle a lieu, se termine le plus vite possible. Le lendemain ou le surlendemain de son début.
 
Quels sont les arguments de la direction de la SNCF ?
 
Des propositions marquantes, avec la création de retraites complémentaires et le déblocage de la grille salariale. Le deuxième argument est qu’une grève reconductible risque de créer un dommage excessif pour les usagers et de rendre plus difficile le développement du fret.
 
Quel est le dernier état des négociations ?
 
Nous discutons avec plusieurs organisations syndicales. Six d’entre elles nous ont rencontrés hier pour discuter plus en profondeur des propositions. On espère que certains syndicats n’entreront pas dans un conflit reconductible.
 
Quel sera le coût pour la SNCF de la grève de mercredi ?
 
Près de 20 millions d’euros. En termes d’image aussi, le coût sera très élevé. Des gros clients du fret nous ont indiqué qu’elles transféraient leur trafic vers nos concurrents Veolia ou Deutsche Bahn.
 
Pensez-vous que les cheminots sont des privilégiés ?
 
Evidemment pas. Toute la SNCF refuse la stigmatisation des cheminots. Mais nous discutons de l’application d’une réforme dont la présidente Anne-Marie Idrac dit qu’elle est inéluctable.
 
Tous les cheminots font-ils un travail pénible ?
 
Sur les 160 000 cheminots, plus de 60 000 travaillent en horaires décalés, de nuit ou le week-end. La pénibilité est compensée par les horaires de travail, l’organisation du travail, par les primes. Et ces sujets-là sont sur la table des négociations.
 
Comprenez-vous leur colère ?
 
Je comprends leur inquiétude et leur envie de propositions positives sur la poursuite des carrières et des compléments de retraite. Il y a urgence à négocier.
 
La CGT met en garde les étudiants prêts à bloquer des gares...
 
Le blocage constitue un risque pour la sécurité. Quand on envahit les voies, on ne sait
pas ce qui peut se passer. L’autre risque est que ces blocages génèrent des incidents entre étudiants et usagers.
 
Vous êtes-vous rapproché de la police pour empêcher des blocages ?
 
Absolument. Mais c’est du ressort de la police, pas de la SNCF.
Recueilli par Stéphane Colineau
 
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