ARNAQUE : Voyager en première classe dans un TER, c’est impossible, mais ça coûte plus cher ! mercredi 24 octobre 2007

Publié le par A fond de train

FRANCE - « Simple » et « rapide » annonce le site Internet TER-SNCF pour vanter les mérites des distributeurs automatiques de tickets régionaux. « Et sacrément filous ! », pourrait-on ajouter. Car ces machines vendent au prix fort des billets pour une première classe « fantôme ». Un simple clic, et on peut se faire avoir.

Exemple. Sur n’importe quel automate bleu siglé « TER » et « région Nord - Pas-de-Calais ». On tourne la molette pour activer l’écran. On choisit sa destination : au hasard, Douai. On opte pour le type de billet souhaité (trajet simple, abonnement travail, carte de réduction, etc.). Puis l’automate demande en quelle classe on désire voyager. Il n’y a pas de mal à se faire plaisir de temps en temps : allons-y pour la première. Puis il faut payer : 9,20 euros, au lieu de 6,10 euros en seconde classe, le tout au départ de Lille. 

Mais au moment de monter dans le train, stupeur, il n’y a pas de première classe. Bigre, on s’est fait rouler ! Direction le guichet, pour parler dans l’hygiaphone. Quinze minutes de queue. J’explique : « Bonjour monsieur, il y a un problème. Vous me remboursez la différence ?
 » – « Oh, vous savez ce n’est pas énorme… », tente de dissuader l’agent derrière son comptoir.
– « Oui, mais c’est un principe, vous vendez quelque chose qui n’existe pas ! » – « C’est quand même vous qui l’avez demandé, ce tarif… », grogne le vendeur qui me prend visiblement pour le râleur de base. Au bout de cinq minutes de manipulations informatiques et après impression d’un nouveau ticket, je récupère enfin la monnaie dépensée inutilement.

Trois euros et quelque, pas le bout du monde, certes. Mais si j’avais opté pour un abonnement travail d’une semaine entre Lille et Saint-Omer, le préjudice aurait frisé les 30 euros (soit quand même 200 balles : pour ceux qui, comme moi, comptent encore en francs ; visez un peu le montant du préjudice pour un service non rendu !).

Surpris, le service communication de la SNCF assure qu’il n’était « pas au courant » de l’existence d’un tel dysfonctionnement. Tout aussi interloqué, le président de la commission transport au conseil régional, Dominique Plancke : « Vous êtes sûr  ? Ah bon, c’est idiot. Je ne sais pas comment c’est possible puisque la première classe a été supprimée il y a quatre ans. (!) Il n’y a aucune raison de vendre des tickets plus chers à qui que ce soit. »

Loin de la SNCF l’idée d’arnaquer ses clients. « C’est juste qu’un programme informatique national équipe tous les distributeurs, et comme certaines régions n’ont pas supprimé la première classe, on ne peut pas le changer. Mais au guichet, les agents savent qu’il ne faut vendre que de la seconde classe », souligne le service communication. Ben voyons !

Relativisons. « Nous n’avons eu aucune réclamation sur ce sujet, et pourtant nous en recevons, du courrier ! », note le président de la commission transport de la Région. « Les clients qui se trompent sont des cas extrêmement rares, confirme la SNCF, et de toute façon ils peuvent se faire rembourser. » Ouf, l’honneur est sauf...

par Lavoixdunord.fr
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